L’année commença avec un marché qui devait faire face à l’A500+, et qui découvrait que sa machine de remplacement, l’A600, allait être disponible en Mars. L’A600 avait un design particulier, se servant des avancées de la technologie pour rétrécir la CM de l’A500 mais aussi son prix. Et pour concurrencer Nintendo et Sega, l’A600 était présenté comme une console avec un clavier. De nombreux utilisateurs le décrivaient alors comme un Spectrum 48K blanc, d’autres critiquaient l’absence de pavé numérique. Les premiers acheteurs furent également agacés par les successives baisses de prix : en effet, il passa de 399£ à 199£. Il offrait toutefois l’ouverture au monde du PCMCIA pour l’Amiga.
Il est fortement reconnu que l’A600 n’aurait jamais du être lancé, surtout qu’une autre machine avec un nouveau chipset était quasiment prête. L’excitation augmentait avec les annonces d’un A4000 – avec sa puce nommée AA (Advanced Amiga) – finalement confirmé au World of Amiga de Pasadena (USA) le 11 Septembre. Il était alors présenté comme :
La plus grande avancée technologique de la lignée Amiga depuis son apparition en 1985.
Pour les plus enthousiastes, cette nouvelle semblait indiquer que Commodore prenait la menace du PC/Mac au sérieux. Le chipset AA fut rapidement renommé AGA (Advanced Graphics Architecture) pour éviter une confusion avec l’Association Automobile sur le marché Européen. La nouvelle architecture graphique permettait d’afficher 256 couleurs simultanément, sur une palette de 16,7 million de couleurs. Le mode HAM original était lui aussi mis à jour avec le HAM-8 qui permettait d’afficher 256.000 couleurs à l’écran.
Du côté logiciel, l’Amiga OS 3.0 était un sérieux candidat dans la compétition des systèmes d’opérations, montrant aussi que Commodore désirait abandonner l’affichage propriétaire et passer par un affichage redirigeable. L’AmigaOS avait d’ailleurs de nombreuses originalités comme CrossDOS (permettant d’accéder aux disquettes PC), les datatypes (une tentative d’ajouter un véritable système de plugins), la localisation (permettant d’avoir des configurations multi-langages), un utilitaire d’installation standard, l’amélioration du système de fichier (hausse de la vitesse en utilisant des caches ainsi qu’un meilleur support de l’international et des caractères non anglais), et bien plus encore…
Deux machines AGA furent lancées en 1992. Le chipset apparut d’abord dans le très haut de gamme A4000. Cela aiguisa l’intérêt et l’espoir des Amigaïstes et prouva aussi que les nouvelles machines étaient compatibles avec la logithèque existante. En passant sa line-up au 32 bit tout en conservant une compatibilité avec la majorité de la logithèque OCS/ECS, l’Amiga venait de détruire le dernier défi de l’Atari ST et faisait tomber le Falcon en désuétude. Cependant, les développeurs constatèrent amèrement que les modèles de pré-production étaient bien meilleurs, dans la plupart des cas, que l’A4000 final.
Il sera suivi de près par le lancement du modèle d’entrée de gamme AGA, l’A1200. Bien que retardé jusqu’en Décembre, la machine avait la capacité de reproduire la popularité et l’engouement de l’A500. La ligne Amiga était finalement mise à jour, mais les soucis n’étaient pas loin.