| Amiga Impact

  · Accueil
  · Actualités
   · Proposer une info
  · Agenda
   · Proposer une date
  · Articles
  · Forum
  · Petites Annonces
  · Chat IRC
  · À propos du site
   · Confidentialité



 | Connexion

Identifiant :

Mot de passe :

 Mémoriser

  · Inscription
  · Mot de passe oublié



 | En ligne

Illustration du profil de neopolo Illustration du profil de Amitoo Illustration du profil de jeromegiraud






 | Nous suivre

Flux RSSGoogle+TwitterFacebook





Articles


   Amiga : Quelle stratégie pour la survie ?
 Mis en ligne le 26 février 2005 |

La question de la survie de la communauté Amiga se pose de manière récurrente depuis la faillite de Commodore au milieu des années quatre-vingt-dix. Comment l’envisager aujourd’hui ?

A l’apogée de l’Amiga, à la fin des années quatre-vingt, son avantage concurrentiel reposait à la fois sur les technologies utilisées (l’excellent multitâche par exemple par rapport au PC sous Windows, mais aussi les coprocesseurs dédiés) comme sur le confort et les possibilités d’utilisation (notamment en ce qui concerne le multimédia, et l’évolutivité des machines).

Si l'aspect technologique a fait le bonheur et la gloire des concepteurs (la plupart des amigaistes peuvent citer plusieurs des créateurs originels de la machine, de Jay Miner à Carl Sassenrath), les utilisateurs étaient séduits en premier lieu par la facilité d’utilisation de la machine (Bien souvent « On rentre la disquette et on joue »). Ces deux aspects étaient mis en avant à l’époque par Commodore et reconnus comme tels par la communauté, que ce soit par les spécialistes ou par les simples utilisateurs.

Aujourd’hui, les caractéristiques des PC sur lesquelles les services marketing insistent concernent essentiellement les technologies « sous-jacentes » (par exemple les processeurs, la mémoire, le disque dur). Il s’agit en effet d’éléments faciles à mettre en valeur et apparemment objectifs (vitesse du processeur, taille de mémoire et capacité de stockage, entre autres).

Au contraire, la facilité d’utilisation est moins évidente à percevoir. D’ailleurs la communication ne repose que faiblement sur la commodité d’usage qui n’est pas développée autant qu’elle le mériterait par les concepteurs.

En fait, la conception actuelle des ordinateurs est plutôt orientée ressource (offre possible de la part des entreprises) que besoin (demande des utilisateurs). Autrement dit, la conception d’un ordinateur répond à une logique de performance technologique qui prend en compte les besoins des utilisateurs seulement comme une contrainte.

Or il serait bien plus pertinent de considérer comme finalité les besoins des utilisateurs en tenant compte des possibilités de la technologie comme des moyens (une machine offre davantage lorsqu'elle est plus facile à utiliser, d'une ergonomie mieux conçue et plus pratique).

Un ordinateur devrait viser à satisfaire ses utilisateurs. Il doit donc être conçu avec les fonctionnalités attendues par ces derniers, ainsi qu’avec d’autres qui les surprennent agréablement, qu’ils soient familiarisés ou extérieurs à la communauté. Pourtant, aujourd'hui, les acteurs pratiquent le push technologique (mise en avant des caractéristiques techniques).

Il est possible d’avoir une idée de fonctionnalités intéressantes avec un minimum de veille informationnelle (suivi des évolutions et de l'état de l'art) en regardant, pour les produits qui le proposent, les modules téléchargés ou les points forts des logiciels populaires, et en parcourant les forums de discussion.

Des fonctionnalités pertinentes comme les procédures de copier/coller, ne sont pas coûteuses en termes technologiques (temps de développement ou composants matériel). Elles créent pourtant de la valeur pour l’utilisateur. Le plugin « copier/coller » Auto Copy 0.3, de Michael Lidman est très téléchargé pour Mozilla, c’est l’un des plus populaires. Il ne faut donc pas hésiter à les mettre en avant pour passer d’une vision technologique du système à une vision fonctionnelle, orientée utilisateur.

D’autre part, en raison de mécanismes d'apprentissage, les coûts de productions diminuent selon les quantités cumulées produites. L’Amiga a donc du mal à affronter la concurrence au niveau des prix de vente et se trouve en retard au niveau de la maîtrise du rapport coût/technologie.
L’'Amiga n’a pas vraiment les moyens, ni financiers, ni de potentiel d’utilisateurs pour se battre contre le monde du PC de front. Il doit plutôt se raccrocher à une stratégie de niche pertinente. Par exemple, détenteur d’une image d’ancien spécialiste du multimédia, il pourrait facilement la recouvrer (suivant d’une certaine manière la voie choisie par Apple pour le Mac). L’Amiga pourrait trouver une niche similaire mais distincte, une « Amiga touch ».

En fait ce ne sont pas forcément des problèmes de mise en place techniques mais plutôt culturels qui seront rencontrés. Ce n’est en effet pas évident pour un amateur de technologie qui aime à se faire plaisir au niveau technique, de passer à une approche « orientée utilisateur » moins satisfaisante et valorisante sur le plan intellectuel.

C’est pourtant le prix à payer pour garder, à terme, son plaisir de créateur. Car seule l’accroche effective d’une masse suffisante d’utilisateurs peut donner à Amiga la taille critique pour lui assurer le chemin des économies d’échelle (réduction des coûts unitaires fonction des quantités produites), pour se replacer à son rang. Cela aurait en outre l'avantage de permettre à la communauté des utilisateurs (et donc des développeurs) de croître, participant à l'effet-club de la communauté (l'intérêt de la communauté augmente avec sa taille). L'Amiga entrerait ainsi dans un cercle de croissance vertueux en raison des conditions de la production et de la dynamique communautaire.

Une fois acquise cette culture, elle demeure facilement. Une culture a cet avantage d’être difficilement copiable et transposable à un modèle économique alternatif au contraire des technologies, elles, rapidement copiées et dépassées.

Si la technologie ne doit pas forcément constituer le point d’attention exclusif de l’Amiga pour sa survie puis son re-développement, elle ne doit pas être négligée pour autant. Elle devrait davantage se gérer comme une contrainte à tenir en compte pour ne pas être décalé mais non comme la variable (du moins pour l’instant) sur laquelle Amiga doit se montrer leader.

S'il serait hasardeux de tout miser de manière indifférenciée sur la technologie, il demeure évidemment primordial de rester à la pointe des technologies sur lesquelles Amiga se trouve bien placé (Développement, dessin 2D, capacité de création « multimédia »).

Cette voie peut permettre à l’Amiga de survivre tout d’abord, puis de pérenniser son activité par la suite. C’est à dire s’intéresser en priorité aux besoins des utilisateurs et migrer vers une approche fonctionnelle en gérant la technologie comme moyen et non comme finalité.

Ce n’est pas une démarche facile puisqu’elle nécessite une redéfinition globale des finalités de l’Amiga et un changement culturel majeur au niveau, à la fois de la conception et à celui de l'utilisation. Connaissant la communauté et son histoire récente, la chose n’est pas évidente. C’est pourtant la seule voie possible à l’existence de cette offre alternative qui a su se hisser, il n’y a pas si longtemps encore, parmi les acteurs majeurs du secteur.

Régis Vercyn

remerciements à L. Menou, M. Parnaudeau, J. Vanhove




Nota : Les opinions exprimées dans les articles et chroniques publiés n'engagent que leurs auteurs, et ne sont pas forcément partagées par Amiga Impact.




Les commentaires appartiennent à leurs auteurs.
Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.


Laisser une réponse

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.




Haut de page 

Copyright © 2004-2019 Amiga Impact. Tous droits réservés. Les marques citées sont déposées par leurs propriétaires respectifs.
Conditions d'Utilisation, Politique de Confidentialité et Information sur les cookies.


Fil RSS WordPressNicolas Gressard, Conseil et développement informatique

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!